Depuis plusieurs jours, le mouvement parti des lycées gagne du terrain et touche désormais aussi les universités. Classes surchargées, professeurs non remplacés, bâtiments dégradés, précarité étudiante : derrière les blocages, une même exigence se fait entendre, celle de pouvoir apprendre et se former dignement. Mercredi, 356 lycées étaient concernés par des blocages au moins partiels ; ce jeudi, une trentaine de campus avaient rejoint la contestation.
La CNL apporte son soutien aux lycéens et étudiants engagés dans ce mouvement. Leur colère met en lumière une question politique majeure : quelle priorité notre pays accorde-t-il réellement à l’éducation et à sa jeunesse ?
Nous condamnons sans ambiguïté les violences et les dégradations ayant pu survenir en marge des rassemblements. Mais cela ne saurait justifier des interventions policières disproportionnées à l’encontre de jeunes adultes et d’adolescents, souvent mineurs : À Saint-Ouen-l’Aumône, un élève de 14 ans a été grièvement blessé au visage par un tir de lance-grenades effectué à très courte distance ; une enquête a d’ailleurs été ouverte sur l’utilisation de cette arme.
Le maintien de l’ordre ne peut tenir lieu de politique éducative. Quand des élèves et des étudiants dénoncent le manque de professeurs, la dégradation de leurs lieux d’étude ou des difficultés matérielles croissantes, la responsabilité des pouvoirs publics est d’abord de les entendre et d’apporter des réponses concrètes ; non de les intimider.
Un Gouvernement qui choisit de faire des économies sur le dos de ses enfants finit toujours par le payer en inégalités et en injustices. Cette jeunesse mobilisée ne réclame pas des privilèges : elle demande simplement de pouvoir construire son avenir. C’est sur cela que l’État doit être au rendez-vous.


