Alors que la crise du logement s’aggrave, ce 8 mars rappelle une réalité trop souvent minorée : les inégalités entre les femmes et les hommes se vivent aussi dans l’accès au logement. Dans un pays où plus de 1,1 million de personnes sont privées de logement personnel, les femmes paient un tribut particulièrement lourd au mal-logement et à la précarité.
Elles représentent près de 40 % des personnes sans domicile. Souvent invisibles parce qu’elles cherchent à éviter la rue et les violences qui l’accompagnent, elles survivent dans des hébergements précaires, chz des proches ou dans l’urgence sociale. Chaque soir, des milliers de femmes dorment dehors ou en refuge, parfois avec leurs enfants.
Pour les femmes victimes de violences conjugales, quitter le domicile reste trop souvent un saut dans le vide. Malgré l’existence d’environ 11 000 places d’hébergement dédiées, une part importante des demandes reste sans solution durable. Sans logement stable, il est souvent impossible de se protéger et de reconstruire sa vie.
La crise du logement est indissociable des inégalités économiques qui frappent les femmes
Elles gagnent encore près de 22 % de moins que les hommes, et jusqu’à 30 % si l’on inclut celles privées d’emploi. Elles occupent 80 % des temps partiels et représentent 60 % des salarié·es au SMIC. Ces inégalités pèsent directement sur la capacité à payer un loyer et exposent particulièrement les femmes seules avec enfants à la précarité.
Les plus jeunes sont également touchées : parmi les 18-25 ans, 30 % travaillent à temps partiel contre 14 % des hommes. Dans un contexte de précarité croissante, de nombreuses étudiantes doivent choisir entre se nourrir, payer leur loyer ou acheter des produits essentiels.
À cette réalité sociale s’ajoute un climat politique préoccupant. La banalisation des discours réactionnaires, la progression de l’extrême droite et l’influence des réseaux masculinistes menacent les droits des femmes et fragilisent des acquis pourtant fondamentaux.
Pourtant, les femmes ne sont pas seulement les premières touchées par la crise : elles sont aussi en première ligne pour résister. Dans les quartiers, les associations de locataires, les syndicats et les mobilisations féministes, elles s’organisent pour défendre leurs droits.
La CNL est à leurs côtés. Née de la lutte des femmes pour l’obtention d’un moratoire sur les loyers en 1916, pendant la Première Guerre mondiale, elle porte aujourd’hui comme hier les exigences de justice sociale et de solidarité. Elle s’engage pour la défense des services publics et du logement social, garants de l’égalité, et pour la création d’une sécurité sociale du logement afin de lutter contre les impayés et de permettre à toutes d’avoir un toit.
La CNL appelle à une mobilisation massive le 8 mars et à manifester à Paris à 14h, place Stalingrad comme partout en France.


