Grâce au contrôle rigoureux des charges, les représentants de locataires CNL ont pointé une anomalie et obtenu l’annulation de charges indues.
Une victoire sonnante et trébuchante. Dans la préfecture de l’Eure, la CNL a obtenu gain de cause pour 310 locataires de la SAIEM AGIRE. À la suite d’un contrôle rigoureux des charges locatives 2023, ses représentant·es ont relevé une anomalie : le bouclier tarifaire sur l’électricité des parties communes n’avait pas été appliqué. Résultat : 52 779 € de charges indûment réclamées ont été annulées et prises en charge par le bailleur.
Ce succès s’inscrit dans la continuité d’un travail de terrain que la CNL Évreux mène depuis plus de 50 ans : examen méthodique des factures, remontée des anomalies, chiffrage argumenté et interpellation des bailleurs. Mais il ne saurait masquer une tendance lourde : l’augmentation continue des charges. En 2023, elles ont grimpé de 10 % en moyenne chez ce bailleur, représentant désormais 38 % de la quittance (APL déduite), contre 33 % en 2017. Certaines régularisations n’ont toujours pas été communiquées, et les factures deviennent de plus en plus opaques.
Les écarts de consommation d’électricité entre escaliers restent inexpliqués. À la résidence du 25 rue de Rugby, les charges d’électricité communes atteignent 551 € par an et par logement, avec un prix du kWh deux fois supérieur au tarif réglementé. Côté chauffage, le bouclier tarifaire n’a parfois permis qu’une baisse de 6 %. La taxe sur les ordures ménagères explose (+26 %), alors même que les services diminuent.
La CNL souligne aussi les effets positifs de ses combats passés : la pose de sous-compteurs d’eau a permis des économies importantes, jusqu’à 300 € par an. Mais d’autres menaces pèsent, comme la volonté municipale de transférer aux locataires l’entretien des espaces verts.
Face à ces dérives, elle appelle à la mobilisation et à la vigilance citoyenne. Pour se faire entendre, il faut aussi s’inscrire sur les listes électorales et voter.


