À l’heure où l’accès au logement devient de plus en plus incertain, la Confédération nationale du logement (CNL) a réuni plusieurs acteur·ices du secteur HLM pour poursuivre la construction d’une Sécurité sociale du logement. Elles et ils se sont retrouvé·e·s le 20 juin 2025, au Carré Baudouin.
Définir des droits collectifs garantis par la solidarité nationale, à l’image de la Sécurité sociale de 1945 : tel est le cap. La journée nationale pour la Sécurité sociale du logement (SSL) du 20 juin dernier s’est d’abord concentrée sur la mesure phare du dispositif : la création d’une caisse nationale de solidarité contre les impayés, définie comme un outil de prévention et de protection. Inspirée du FSL (Fonds de solidarité pour le logement) et de la garantie universelle des loyers, cette caisse serait désormais ouverte à tous les locataires, y compris ceux du secteur privé, afin de prévenir les expulsions et de sécuriser les parcours résidentiels.
« On ne fragilise pas les ménages quand on agit vite », insiste Marie-Noëlle Lienemann, présidente des Coop’HLM, qui donne le ton par vidéo interposée dès l’ouverture des échanges. Elle appelle à articuler cette caisse avec les CAF et les antennes locales de la FNAIM.

Autre intervenante de cette première table ronde, Camille Naget, conseillère de Paris, souligne la nécessité de passer « d’un système d’individualisation à un système de cotisations et de droits collectifs ». Jocelyne Herbinski, secrétaire confédérale de la CNL, alerte à son tour sur la complexité des aides existantes, trop souvent méconnues ou soumises à des critères restrictifs. Pour elle, cette caisse devra être gouvernée selon un paritarisme démocratique, rappelant que la CNL exige un renforcement de la démocratie locative.
Christophe Liévin, directeur de Colombes Habitat Public, plaide quant à lui pour une diversification des sources de financement : mobilisation des recettes issues du surloyer de solidarité, réaffectation des fonds de la RLS, implication des locataires du parc privé et des collectivités. « On ne peut se contenter d’une action financière ; il faut aller vers une logique de soutien global », précise-t-il, n’hésitant pas à mettre à contribution le secteur privé et spéculatif.
Comment sortir des logiques du marché?
La deuxième table ronde est consacrée aux politiques et aux outils permettant de sortir le logement des logiques de marché. Les élus présents, Éric Pliez (maire du 20e arrondissement de Paris) et Hélène Cillières (adjointe au maire de Bagneux), y plaident pour la généralisation de l’encadrement des loyers et soulignent l’apport déterminant de la loi SRU. Tous deux dressent un constat sévère de la crise actuelle, appelant à un réengagement massif de l’État dans l’aide à la pierre, ainsi qu’à la suppression de la Réduction de loyer de solidarité (RLS), qui fragilise les bailleurs sociaux et freine la construction de logements accessibles. Eddie Jacquemart, président de la CNL, insiste sur ce dernier point : « Nous devons continuer à nous mobiliser pour conforter les missions du logement public et social », assène-t-il.
En conclusion des échanges, il rappelle aussi qu’« il est temps de passer aux travaux pratiques : se battre pour faire voter une proposition de loi instaurant une caisse de solidarité et imposer ces revendications dans les programmes municipaux ». Une étape de plus a donc été franchie ce 20 juin dans la bataille politique que la CNL entend bien faire gagner, pour faire du logement un véritable droit garanti collectivement.


