Depuis le 1er juillet, une réforme autorise la saisie directe sur salaire des loyers impayés, sans passer par un juge. Pour la CNL, cette mesure, loin de résoudre la crise du logement, menace d’aggraver la précarité des familles les plus fragiles.
Il fallait oser ! La réforme du 1er juillet permet désormais aux propriétaires, après obtention d’un titre exécutoire, de faire procéder à une saisie sur salaire directement via un commissaire de justice, sans passer par un juge. Présentée comme une simplification, cette mesure risque en réalité d’aggraver la situation des locataires déjà fragilisés par la crise sociale et la flambée des loyers.
La Confédération nationale du logement alerte sur les conséquences d’un tel dispositif qui ouvre la voie à des prélèvements automatiques et brutaux, sans réelle prise en compte de la capacité de paiement des ménages. Pour son président, Eddie Jacquemart, cette réforme traduit une logique dangereuse :
« Nous sommes face à une répression de la pauvreté, quand les saisies sur salaires des loyers impayés étranglent les locataires les plus modestes. »
La CNL souligne que la multiplication des saisies ne résoudra en rien la crise du logement. Au contraire, elle risque d’accroître la précarité et de pousser des milliers de familles vers le surendettement ou l’expulsion. L’organisation appelle à renforcer les dispositifs de prévention, notamment en matière d’aides au logement et de régulation des loyers, plutôt que d’alourdir les sanctions contre celles et ceux qui peinent déjà à se loger dignement.
Lire l’article de l’Humanité du 13 août 2025 : https://www.humanite.fr/social-et-economie/droit-au-logement-dal/on-est-face-a-une-repression-de-la-pauvrete-quand-les-saisies-sur-salaires-des-loyers-impayes-etranglent-les-locataires-les-plus-modestes


