Un pas en avant, mais encore trop d’oubliés. Le chèque énergie 2026, lancé le 1er avril, élargit son périmètre à 4,5 millions de foyers. Pourtant, pour la Confédération nationale du logement, cette évolution reste insuffisante face aux difficultés persistantes d’accès aux droits.
« Elle constitue une correction nécessaire après plusieurs campagnes marquées par un non-recours massif, conséquence directe de la complexification administrative du dispositif, souligne la CNL dans un communiqué, pointant une réalité : des centaines de milliers de ménages modestes ont été exclus de leurs droits en 2024 et 2025, alors même que la hausse des charges, de l’électricité et du gaz a lourdement pesé sur le budget logement des familles. » Ainsi, cet élargissement constitue une correction attendue. Grâce à un meilleur croisement des données, 700 000 ménages supplémentaires sont désormais identifiés.
Toutefois, des inégalités demeurent. Certains publics restent en marge du dispositif, notamment dans les logements avec chauffage collectif, les résidences foyers ou encore lorsque les contrats d’énergie sont au nom du bailleur. Dans ces situations, l’aide est moins lisible et plus difficile à mobiliser. Ainsi, pour la CNL, l’accès à la justice énergétique ne peut dépendre du mode de facturation.
Enfin, la question du montant se pose. Avec une aide moyenne de 153 euros, le chèque énergie apparaît aujourd’hui insuffisant. Il agit comme un simple amortisseur face à l’explosion des charges, sans compenser réellement la perte de pouvoir d’achat des familles.
La CNL formule trois revendications claires : un versement automatique pour tous les ayants droit, une prise en compte des charges collectives et une revalorisation de l’aide. Objectif : faire du chèque énergie un outil simple, universel et digne, au service du droit au logement et de la justice sociale.


