La CNL : des actes, des résultats, des raisons de voter

Lors des élections HLM, les locataires auront à choisir une association défendant concrètement leurs intérêts. Du contrôle des charges au gel des loyers, en passant par la réhabilitation des logements et l’accompagnement des familles, la CNL mène ces combats au quotidien. C’est même sa force. Un argument à faire valoir auprès de toutes et tous.

Il n’y a pas qu’en Espagne que l’explosion des loyers menace de mettre à la rue une nonagénaire. Dans le Val-de-Marne aussi, les mêmes causes conduisent aux mêmes décisions délétères. Ainsi, à Choisy-le- Roi, Berthe, 90 ans, est menacée d’être expulsée après la liquidation de la résidence seniors Zenitude où elle vit. À quelques jours de la fin de son bail, la vieille dame n’a pas de solution de relogement correspondant à ses besoins et à ses moyens. À ses côtés, la CNL vient d’alerter la presse et d’engager la mobilisation pour empêcher l’ intolérable.

Dès le 16 octobre, Le Parisien s’est fait l’écho de ce scandale, suscitant une émotion salutaire et le début de la riposte.

Cet exemple, s’il constitue la partie immergée de l’iceberg, n’en atteste pas moins que face à l’adversité, aux difficultés de fin de mois ou celle de peser face aux bailleurs et à leur logique comptable, la CNL est là, auprès et avec les locataires, pour faire valoir leurs droits.

Le contrôle des charges, l’ADN de la CNL

La bataille sur le contrôle des charges et de la « troisième ligne pour réhabilitation », précise Catherine Colleu, qui souligne que ces questions constituent une part essentielle de l’activité de la fédération des Hauts-de-Seine (92).

La fédération de l’Essonne, en 2025, à Saint-Michel-sur-Orge, a obtenu l’annulation de l’augmentation des loyers et de la troisième ligne, après que le bailleur a bénéficié d’un fonds FEDER. Cette année, l’amicale La Licorne, à Breuillet, a également arraché à Mille et Une Vies le remboursement de 15 500 euros au titre des années 2021 et 2022, à répartir entre les 30 logements.


Même son de cloche pour la fédération du 95, pour laquelle Nicole Benkirane fait régulièrement état des batailles menées. Ainsi, pour ne prendre que ce nouvel exemple, à l’issue d’un contrôle de charges 2021, 2022 et 2023 chez CDC Habitat, sur 13 programmes de Sarcelles, ce sont 401 688,37 € de charges indues (sur divers postes) qui seront déversés, en novembre 2026, dans les comptes de 1 220 locataires.

La CNL, des combats, des résultats, un vote qui compte

Le remboursement moyen par locataire est de 330 euros. Et ce n’est là qu’une première étape puisque suivront les régularisations de 2024 sur ces 13 programmes et le 14e programme sur les exercices de 2021 à 2024. Plus explicite encore, depuis 2018, la CNL 95 a engrangé 2 494
484,90 euros de remboursement de charges. Comme quoi s’organiser est le meilleur moyen de se défendre.

À Fontenay, dans la résidence Les Ormes de CDC Habitat, Bernard Thoreau, représentant de la CNL au sein du collectif Plateforme Logement, dénonce le manque de transparence du bailleur sur les charges d’eau, qui peuvent atteindre 2 000 à 2 500 euros par foyer. À Saint-Denis de La Réunion, les locataires de la résidence Gimart ont eux aussi dénoncé des charges élevées, un défaut d’entretien et des équipements défaillants.

« Il n’y a pas de suivi du locataire », déplorait au printemps dernier Jean-Michel Saingainy, président de la CNL Réunion, qui exige le respect des obligations du bailleur, la SEMAC. Ce n’est pas un hasard si cette activité est au coeur de l’action de la CNL. En dix ans, l’indice de référence des loyers a progressé de 18,5 %. Les charges locatives ont bondi de 24 % entre 2019 et 2024. Des
statistiques qui montrent pourquoi le contrôle des charges et le gel des loyers sont devenus des enjeux majeurs pour améliorer le pouvoir d’achat des locataires.

Empécher les loyers d’augmenter

Ces dernières semaines, la CNL s’est aussi pleinement mobilisée pour l’encadrementdes loyers face aux volontés de dérégulation du maché immobilier. Le vote de son maintien pendant deux ans, s’il permet d’éviter le pire il reste insuffisant. La CNL exige la pérennisation et l’extension du dispositif,
des contrôles renforcés et une véritable politique de baisse des loyers, notamment par la construction massive de logements sociaux.
La bataille pour le gel des loyers va aussi occuper une place centrale dans l’activité de la CNL et de ses administrateurs. Depuis la mi-septembre, la CNL 93 et son président, Marc Ruer, ont ainsi engagé le rapport de force, en s’appuyant sur le Conseil départemental, pour obtenir le gel des loyers en 2027. Celui-ci a été acté à Aubervilliers et à Saint-Denis Habitat, avec l’objectif d’amplifier
progressivement la mobilisation.
Des actions locales se développent également dans les départements. Ainsi à Fontenay, la CNL s’est opposée à la hausse de 15 % de l’indice de référence des loyers (IRL), annoncée pour le 15 janvier 2027 chez Antin.

Le quotidien c’est aussi la qualité du logement

Réhabiliter, ce n’est pas seulement livrer des travaux, c’est améliorer réellement les conditions de vie. À Fontenay, dans les résidences des Grands Chemins, les amicales ont contesté des travaux inachevés, interpellé les entreprises et incité les locataires à reprendre les cahiers des charges afin d’obtenir des finitions conformes aux engagements pris.

Isabelle Huon, présidente de la CNL 91, insiste également sur la nécessité de rendre visibles les batailles menées et leurs effets concrets sur le quotidien, et de citer « ces petites victoires » qui dynamisent le quotidien :
« À Bruyères-le-Châtel, la facturation des parkings a été divisée par deux.
À Corbeil-Essonnes, face à des infiltrations d’eau qui ont endommagé les plafonds et provoqué de l’humidité, le président de l’amicale, Christophe Portillon, a obtenu l’engagement de travaux sur la toiture de Cosivia (ex-Immobilière du Moulin Vert). »
La militante cite encore Draveil, où les locataires ont obtenu le remplacement des volets ainsi que le remboursement de frais d’entretien des VMC, pour un montant supérieur à 15 000 euros. La lutte se poursuit pour obtenir les remboursements attendus pour les années 2018, 2019 et 2020, le bailleur bloquant sur ces points.
La mobilisation se mène également à Viry-Châtillon, où CDC Habitat, a dû rembourser 12 126 euros à la suite d’une triple facturation concernant 40 logements dont la gestion avait été confiée à un syndic.

La sécurité du logement à l’assemblée nationale

C’est dans cette continuité que s’inscrit la campagne pour une Sécurité sociale du logement, engagée par la CNL depuis début 2025. Cette bataille, qui vise à protéger le locataire comme le bailleur face aux aléas de la vie en sanctuarisant le droit au logement, va franchir une nouvelle étape à la mi-novembre avec le dépôt d’une proposition de loi à l’Assemblée nationale par la députée Danielle Simonnet.
Du contrôle des factures au gel des loyers, de la réhabilitation à la défense des locataires menacés de perdre leur toit, la CNL agit concrètement sur le terrain. Aux élections, voter CNL, c’est renforcer cette action et donner du poids à une association qui ne se contente pas de dénoncer les problèmes : elle se bat pour les résoudre.
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