Le projet de loi porté par Vincent Jeanbrun passe totalement à côté de l’un des enjeux majeurs du logement aujourd’hui : l’adaptation des logements à la canicule et au dérèglement climatique.
Alors que des millions d’habitant·e·s subissent déjà des températures insupportables dans des logements mal isolés, notamment dans les quartiers populaires et le parc social vieillissant, aucune mesure structurelle n’est proposée pour protéger réellement les locataires. Pas de grand plan de rénovation thermique d’été, pas d’obligation renforcée contre les « bouilloires thermiques », pas de financement massif pour adapter les bâtiments aux épisodes de chaleur extrême.
Pire encore, certaines orientations du texte risquent d’aggraver la situation. En facilitant certaines logiques de dérégulation, de réduction des contraintes pour les propriétaires ou de pression sur le logement social, ce projet de loi pourrait ralentir les rénovations ambitieuses et accentuer les inégalités face à la chaleur. Les ménages modestes continueront à vivre dans les logements les plus exposés, avec des factures énergétiques toujours plus lourdes et des conséquences directes sur la santé.
La canicule n’est plus un phénomène exceptionnel : c’est une réalité durable qui tue déjà chaque année. Continuer à traiter le logement uniquement sous l’angle sécuritaire ou administratif, sans intégrer l’urgence climatique et sanitaire, relève d’une faute politique majeure.
La CNL rappelle que le droit au logement digne doit désormais inclure le droit à un logement vivable en été. Cela suppose un investissement massif dans la rénovation thermique, le développement des îlots de fraîcheur, la végétalisation des villes et un soutien renforcé au logement social, plutôt que des politiques qui fragilisent encore davantage les habitant·e·s.


