À la Fête de l’Humanité, la crise du logement s’impose dans les débats

Construction en panne, pénurie de HLM, loyers trop élevés, droit au logement, loi SRU, rénovation, difficultés des jeunes à se loger… À la Fête de l’Humanité 2026, le logement s’est invité dans de nombreux débats. Une présence qui dit quelque chose de l’urgence sociale du moment : la crise du logement ne peut plus rester au second plan du débat politique.

Il suffisait de parcourir les différents espaces de la Fête pour le constater. Sur plusieurs stands, avec des intervenants et des approches différentes, une même question revenait : comment sortir d’une crise du logement qui touche désormais des catégories toujours plus larges de la population ?

La CNL était naturellement au cœur de ces échanges. Dès le samedi matin, Eddie Jacquemart participait à une rencontre consacrée au passage « de la défense du logement social à la conquête de droits nouveaux », avec notamment Denis Öztorun, maire de Bonneuil-sur-Marne, et Delphine Valentin, directrice générale d’IDF Habitat.

https://youtube.com/shorts/lpEyEPIIt2Q?feature=share

Quelques heures plus tard, deux débats se déroulaient quasiment simultanément. Sur le stand de la Coopérative des élu·e·s, Raphaël Adam, Jean-Philippe Dugoin-Clément, Marianne Margaté, Emmanuelle Cosse et Eddie Jacquemart débattaient autour d’un titre volontairement offensif : « La crise du logement n’est pas une fatalité ». Au même moment, sur le stand de la fédération CNL de l’Essonne, le logement était abordé comme un défi démocratique et écologique.

https://youtu.be/i3GNNzIzCIY?si=GiJ9w_0b3dzDrFQb

La Coopérative des élu·e·s avait d’ailleurs consacré dès le matin une réunion de sa commission logement à ces enjeux. Le débat de l’après-midi élargissait la réflexion : comment relancer la construction de logements abordables ? Quel avenir pour le logement social ? Comment lutter contre la spéculation et permettre aux collectivités d’agir ?

Et le sujet dépassait largement les seuls rendez-vous organisés par la CNL ou les élu·e·s. Solidarités Nouvelles pour le Logement et l’Association DALO proposaient, elles aussi, une rencontre consacrée aux 20 ans du droit au logement opposable, interrogeant directement l’effectivité de ce droit.

Le dimanche, la question des jeunes face à la crise du logement faisait encore l’objet d’un débat auquel participait la CNL. Une dimension essentielle tant l’accès au logement conditionne aujourd’hui les études, l’entrée dans la vie professionnelle et l’autonomie.

Une crise qui dépasse désormais le seul monde du logement

D’un débat à l’autre, les approches pouvaient différer mais plusieurs constats revenaient : une offre insuffisante, un logement social sous pression, des parcours résidentiels bloqués et des habitants confrontés à des dépenses toujours plus lourdes.

Près de trois millions de ménages attendent aujourd’hui un logement social. Derrière ce chiffre se trouvent des familles, des jeunes, des salariés, des retraités qui ne parviennent plus à trouver un logement correspondant à leurs ressources.

La crise du logement devient ainsi une question de pouvoir d’achat, mais aussi d’emploi, de mobilité, d’égalité territoriale et de cohésion sociale.

Le logement, aussi, au cœur de la confrontation politique

L’actualité du week-end est venue donner une dimension supplémentaire à ces débats. Marine Le Pen a proposé le 13 septembre de supprimer la loi SRU et d’instaurer une préférence nationale pour l’attribution des logements sociaux. Pour la CNL, cette orientation détourne le débat de sa véritable urgence. La pénurie ne se réglera pas en désignant celles et ceux qu’il faudrait exclure du logement social, mais en construisant davantage de logements accessibles et en faisant respecter les obligations de production de logements sociaux partout sur le territoire. La CNL défend au contraire un renforcement de la loi SRU et des sanctions à l’encontre des communes qui refusent durablement de l’appliquer.

Lire le communiqué de presse de la CNL

Cette édition 2026 de la Fête de l’Humanité aura ainsi confirmé une chose : le logement redevient un sujet politique central.

 

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